Ordinaire
Une main se pose sur toi, te malaxe un peu, mollement, en passant. Toi, tu rigolais avant, tu allais rejoindre un amoureux, prendre un café avec une copine, papillonner encore un peu. Et là, d'un coup, tu te sens bouillir, tu deviens volcanique, tu crie, interpelle. Le propriétaire de la main ne se retourne même pas, tu ne vaux pas qu'on se retourne pour toi. Tu es bonne à être malaxée, mollement, en passant. La drague, les numéros échangés, non, non, ce n'est même pas cela. Juste une main , un homme qui s'en va sans te regarder.
Les autres gens, ceux de la vraie vie, te dévisagent: c'est quoi cette nénette qui vocifère?
Tu te retrouves toute seule, la colère se transforme en haut-le-coeur, tu te sens nulle, tu te remets en question; peut-être que c'est toi après tout qui est "trop"(trop jupe, trop slim, trop fille, trop). Tu rejettes vite cette idée, idée macho, idée pourrie. Mais tu continue à trembler, jusqu'à ce que les larmes sortent.
Par Mlle Hirondelle, Dimanche 30 Mars 2008 à 20:21 GMT+2 dans Grrr, ça, ça m'ennerve (article, RSS)





